GOUNOUGOU

La station aquacole reprend vie

Station aquacole de GounougouDe grandes potentialités avec les étangs piscicoles entièrement réaménagés et une écloserie moderne pour la reproduction artificielle des alevins de quelques espèces.

Située à une dizaine de kilomètres de Lagdo, la station aquacole de Gounougou, longtemps abandonnée dans la broussaille a repris vie. Conscient des énormes potentialités qu’offre cette structure dans la production du poisson, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales s’est engagé à y investir.

Station aquacole de GounougouDepuis quelques mois, les activités y ont repris avec la restauration et le suivi des étangs, cinq au total, leur empoissonnement, l’alimentation, le ravitaillement en bouse de bovins et de crottins de petits ruminants pour la fertilisation et déjà, l’encadrement de onze (11) élèves venus de l’Institut de Formation à l’Entreprenariat Rural (IFER) de Mokolo (Extrême-Nord) pour effectuer un stage sur le développement de l’activité piscicole dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Arrivés sans crier gare, ces élèves du diocèse de Maroua-Mokolo se sont néanmoins montrés très volontaires durant leur séjour à la station aquacole en apprenant vite et bien et en participant aux tâches quotidiennes.

Station aquacole de GounougouSur place, nous avons procédé à la construction deux (02) compostières dans deux (02) étangs piscicoles de 250 m² chacun. Les herbes sèches, les bouses de bovins associées aux crottins de petits ruminants collectés auprès des éleveurs de la localité y ont été déversées pour une fertilisation assez rapide des étangs. Les résultats sont déjà visibles avec la présence des planctons dans les différents étangs fertilisés).

Cinq (05) étangs de dérivation de 250m² chacun ont été empoissonnés avec des alevins de silures (Clarias gariepinus) de 05g, 10g et 15g stockés dans les bacs, ainsi que près de 02,5 tonnes d’aliments granulés distribués aux poissons et alevins mis en charge. Très vite, il a été procédé à la vidange des bacs dans lesquels ont été stockés 7715 alevins. Après calibrage et comptage, seulement 5635 alevins de différentes tailles ont été transférés dans cinq (05) étangs apprêtés à cet effet.

Après de si longues années d’abandon dans la broussaille, les difficultés sont réelles : manque de personnels pour l’exécution de certains travaux ou tâches quotidiennes comme l’entretien régulier des bacs de stockage ; absence de crédit de fonctionnement ; manque de matériel roulant. Le manque de petits matériels de pisciculture est le plus poignant car il n’y a pas de trousse du pisciculteur et moins encore d’instruments pour le relevé des paramètres physico-chimiques de l’eau.

Station aquacole de GounougouPour y remédier et faire de Gounougou une station aquacole moderne et productive, il est indispensable de procéder de façon régulière au renforcement de capacités des personnels en techniques modernes de production des poissons d’eau douce (reproduction artificielle et élevage), de fabriquer un aliment supplémentaire à moindre coût à partir de quelques ingrédients locaux. Il est important d’y introduire des alevins de tilapias ou de carpes très appréciés dans la région, d’y affecter des agents techniques et des personnels pour la manutention au quotidien. Tout cela, afin de mieux vulgariser la pratique de l’activité piscicole dans les régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord.